Les mesures de l'Office des changes constituent
un contrôle. Depuis quelques années, ces mesures
tendent à être plus souples accompagnant la libéralisation
de la réglementation des changes dans un souci de favoriser
l'investissement étranger et de préparer le
partenariat avec l'Europe. Voici les cinq situations le plus
souvent rencontrées.
Par Amin Fayçal Benjelloun - notaire Le Règlement
des opérations immobilières
Dans le cadre de son activité, le notaire est appelé
à dresser des actes relatifs à des opérations
de cession de biens immeubles sis au Maroc et appartenant
à des personnes étrangères, la réglementation
applicable dans ce domaine est la circulaire de l'Office des
changes n° 1507 du 14 mars 1988 selon laquelle ne sont
plus soumises à autorisation de l'Office des changes
:
1) les cessions intervenues entre des personnes de nationalité
étrangère quel que soit leur lieu de résidence,
2) les cessions effectuées par des personnes étrangères
au profit de ressortissants marocains établis à
l'étranger,
3) les cessions effectuées par des personnes étrangères
au profit de résidents de nationalité marocaine
en respectant les conditions relatives aux modalités
de paiement.
Les cessions dont il s'agit peuvent être soit des cessions
à titre onéreux, soit des cessions à
titre gratuit. En règle générale, les
cessions de biens immeubles et appartenant à des personnes
étrangères doivent donner lieu à un règlement
en dirhams au Maroc. Cependant pour certains cas dûment
justifiés, le règlement en devises à
l'étranger peut être toléré. Les
cessions indiquées ci-dessus doivent donner lieu à
un règlement en dirhams au Maroc. Si l'acquéreur
est un étranger non résident, les dirhams doivent
provenir de la cession de devises à Bank al-Maghrib
ou d'un compte en dirhams convertibles. Au cas où le
bien cédé serait assorti de la garantie de re-transfert,
les vendeurs pourront faire jouer cette garantie, à
défaut, le produit de la vente en dirhams doit être
mis à la disposition du vendeur si ce dernier réside
au Maroc, il doit à cet effet justifier d'un certificat
de résidence délivré par les services
de la police des étrangers. S'il n'est pas résident
au Maroc, le produit doit être versé dans un
compte convertible à terme à ouvrir auprès
d'une banque au nom du vendeur non résident, après
paiement des impôts, taxes et frais dus de la transaction
en cause. Règlement en devises à l'étranger
: par dérogation aux dispositions indiquées
ci-dessus les opérations de cessions ci après
peuvent donner lieu à un règlement direct à
l'étranger, s'il s'agit de :
- cessions intervenues entre personnes de nationalité
étrangère quel que soit leur lieu de résidence.
- cessions effectuées par des étrangers au
profit de ressortissants marocains établis à
l'étranger.
Au cas ou la cession du bien est réglée en
devises directement à l'étranger par un étranger
non résident, les frais inhérents à la
transaction tels les frais d'enregistrement, d'inscription
sur les livres fonciers etc…doivent obligatoirement
faire l'objet d'un rapatriement de devises au Maroc ou prélevés
sur un compte en devises ou compte en dirhams convertibles.
Si l'acquéreur est un ressortissant marocain établi
à l'étranger, l'opération doit être
effectuée pour son compte personnel et financée
par prélèvement sur ses ressources propres.
L'intéressé doit être en mesure de justifier
à l'administration de l'existence de revenus ou de
ressources d'origine étrangère. Toutes les opérations
réalisées selon les dispositions ci-dessus doivent
faire l'objet d'un compte rendu adressé à l'Office
des changes dans un délai de trois mois à compter
de la date de réalisation de l'opération.
Les avoirs liquides en dirhams détenus au Maroc par
des étrangers non résident "système
du compte convertible à terme"
La circulaire de l'Office des changes, n°1573 en date
du 24 janvier 1992, a édicté de nouvelles mesures
relatives aux avoirs liquides en dirhams détenus par
des étrangers non-résidents dans le cadre de
la promotion de l'investissement. Le système des comptes
"d'attente" a été supprimé
et les comptes "capital" ont été remplacés
par des comptes "convertibles à terme". La
circulaire n° 1573 a prévu en détail les
modalités d'ouverture et de fonctionnement des comptes
convertibles à terme. Elle prévoit que les personnes
résidentes détenant des fonds en dirhams appartenant
à une personne étrangère non-résidente
et qui ne peuvent faire valoir en faveur de cette personne
la mise en jeu d'une garantie de re-transfert de ces fonds,
sont tenus de verser le montant correspondant dans un compte
convertible à terme. Il est à noter que les
titulaires originels des comptes convertibles à terme
peuvent utiliser librement au Maroc les disponibilités
de ces comptes pour des dépenses courantes ou d'investissement.
La particularité des comptes convertibles à
terme est que les sommes qui y sont versées peuvent
être cédées à des personnes étrangères
résidentes ou non-résidentes ou à des
ressortissants marocains non-résidents, dans ce cas
l'utilisation des disponibilités peut être effectuée
en vue notamment de la souscription par des personnes morales
étrangères aux augmentations de capital de leurs
filiales installées au Maroc, à hauteur de 50
% de leur participation sous réserve de financer le
surplus en devises.
Les fonds peuvent aussi être destinés au financement
partiel d'opérations d'investissement au Maroc dans
tous les secteurs d'activité quelle que soit la forme
de l'investissement. Dans ce cas aussi 50 % doivent être
financés par l'acquisition d'un comte convertible à
terme et 50 % par apport en devises, les investissements effectués
conformément à la circulaire n° 1573 bénéficient
de la garantie de transfert en cas de liquidation ou de cession
: cette garantie n'est pas assortie de délai sauf en
ce qui concerne les acquisitions pour lesquelles la garantie
de transfert ne peut intervenir qu'au terme d'un délai
de 3 ans à compter de la date d'acquisition.
Dans la pratique, certaines banques ont mis en place des services
spécialisés pour leur clientèle souhaitant
acquérir ou céder des comptes convertibles à
terme en collaboration avec leurs représentants à
l'étranger ; il existe actuellement un marché
de comptes convertibles à terme, des investisseurs
souhaitant s'installer au Maroc peuvent faire l'acquisition
d'avoirs détenus par des non-résidents sur des
comptes convertibles à terme avec une décote
par rapport au cours des changes qui peut varier de 10 à
20 % selon la situation du marché. Si le compte convertible
à terme n'est pas utilisé dans le cadre d'investissement
ou de cession du compte, le transfert des disponibilités
peut être effectué de la manière suivante
: le premier transfert soit 20 % devra intervenir un an à
compter de la date d'inscription des fonds en compte, les
80 % restants doivent être transférés
à compter de la date anniversaire du premier transfert
en 4 annuités de 20 % chacune.
La convertibilité en faveur des investissements étrangers
La circulaire de l'Office des changes, n° 1589 en date
du 15 septembre1992, a mis en place un régime de convertibilité
en faveur des investissements étrangers réalisés
au Maroc en devises. L'investisseur étranger peut être
une personne physique ou morale de nationalité étrangère
non-résidente ou une personne physique marocaine établie
à l'étranger.
Le régime de convertibilité garantit aux investisseurs
l'entière liberté pour la réalisation
de leurs opérations d'investissements au Maroc, le
transfert des revenus produits par ces investissements, le
re-transfert du produit de liquidation ou de cession de leurs
investissements.
La forme de l'investissement peut se réaliser par la
création d'une société, prise de participation
au capital d'une société, l'acquisition de valeurs
mobilières marocaines ou encore par l'acquisition de
biens immeubles ; une liste plus détaillée est
indiquée dans la circulaire n° 1589.
Les banques, intermédiaires agréés, ont
délégation pour transférer au profit
des investisseurs les revenus produits par leurs investissements,
par exemple les dividendes, les revenus locatifs, les jetons
de présence ainsi que le produit de la cession ou de
la liquidation de leurs investissements financés conformément
à la circulaire n° 1589.
Les investisseurs étrangers sont tenus dans un délai
de six mois à compter de la réalisation de l'opération
d'investissement d'adresser à l'Office des changes,
subdivision des investissements, directement ou par l'entremise
de leur banque, notaire, avocat, fiduciaire, un compte rendu.
Un numéro d'enregistrement de l'opération sera
communiqué par l'Office des changes après une
étude minutieuse du dossier. La circulaire n° 1589
énumère l'ensemble des pièces et documents
à produire pour effectuer le compte rendu.
Les étrangers quittant définitivement le Maroc
La circulaire de l'Office des changes, n° 1485 en date
du 18 décembre 1986, édicte des mesures relatives
au transfert des capitaux appartenant à des étrangers
à l'occasion de leur départ définitif
du Maroc
Le montant transférable à ce titre est porté
à 25.000 DH par année de séjour au Maroc
sans limitation de montant. La circulaire n° 85 du 05
mars 1965 définit les conditions pour effectuer le
transfert des capitaux, les conditions à remplir sont
les suivantes :
- Le demandeur doit être de nationalité étrangère
et avoir résidé au Maroc plus de quatre années
sans interruption à la date du dépôt de
la demande et doit avoir exercé une activité
professionnelle au Maroc.
- La demande doit être présentée par une
banque auprès de laquelle les fonds dont le transfert
est demandé sont déposés et bloqués.
- La demande doit être présentée à
l'Office des changes au plus tôt un mois avant le départ
définitif à l'étranger et au plus tard
dans un délai de six mois après cette date.
Les pièces du dossier sont les suivantes :
- Attestation de radiation du consulat, délivrée
par le consul du pays de nationalité du demandeur.
- Attestation de changement de résidence délivrée |